Happy junction Croatia !
- Quel titre racoleur, j'ai l'impression que vous n'êtes pas très en forme.
- Et pourtant je n'ai pas d'autre réaction. Aujourd'hui la Croatie a pris une "décision patriote", pour reprendre les termes de la larvissime. En effet, le pays qu'elle fait semblant de diriger a cédé une partie de son territoire et en échange la Slovénie va cesser son chantage qui consistait à bloquer les négociations d'adhésion de la Croatie à l'Union européenne. Il s'agit d'un charmant précédent. Jamais un pays n'avait dû céder une partie de son territoire dans de telles conditions.
- Mais ce n'est pas grave, demain on n'en parlera plus, et de toutes façons l'hiver approche : le thème principal pour nous les Croates va enfin redevenir les vacances de ski. Toute une année qu'on a attendu !
- Ah votre fameux skijanje, quelle douce promesse ! Et bien que les Croates aillent skijati, je pense qu'il ne leur reste plus rien d'autre à faire. Aujourd'hui ils l'ont bien mérité et payé au prix fort. Alors bon skijanje ma chère !
- Merci j'y compte bien, mais au fait que va gagner notre larvisssime en échange de sa dernière prouesse gluante ?
- Probablement un futur poste de fonctionnaire dans la vaste bureaucratie européenne. Pas d'inquiétude pour elle, le machin sait récompenser ses meilleures larves.
- Une pièce de choix à leur actif, je m'en réjouis aussi ! Malgré tout il lui reste encore à améliorer son anglais pour que l'affaire d'aujourd'hui soit réglée à l'avantage de tous, en commençant par le sien. Pas de "win-win situacija" sans un bon anglais !
- Ne vous faites pas de mouron en la matière. A force de prendre ses ordres et ses leçons d'anglais dans les chancelleries occidentales il ne se passe pas un jour sans qu'elle ne fasse des progrès notables et n'enrichisse au passage le lexique anglo-croate d'un nouveau terme : un jour c'est la win-win situacija, le lendemain le terme limit remplace celui de granica, qui apparement est devenu impropre et fait imbécile dans la langue croate, et le jour d'après elle nous sortira un truc encore plus grotesque. Pour l'instant il n'y a que le mot "junction" qu'elle a encore un peu de mal à prononcer, mais ça viendra, elle apprend vite !
Croatia!
Il a encore dégainé
- Qui ça ?
- Devinez ?
- Ne me dite pas ?
- Si !
- J'ose à peine l'imaginer, mais vos lecteurs ont-ils une idée quant à eux ?
- Peut-être pas. Il faut que je mette une photo.
- Faite pas ça ! Soyez pas ignoble !
- Si.
- Est-ce vraiment indispensable ?
- J'ai bien peur que oui. Une photo expliquera tout.
- Mais le montrer tel qu'il est dans un monde déjà disgracieux, c'est un peu comme rajouter du malheur au malheur.
- Tant pis. Lui n'a pas hésité.
Billy the Kitsch
- Je me demande si un jour ce personnage portera le chapeau pour ses propres idioties ?
- Si j'étais vous j'éviterais de m'attaquer à "Billy the Kitsch", c'est un homme très puissant qui fait partie de la coupole du HDZ. Il pourrait même devenir vice-Premier ministre dans les jours à venir, une fonction quasi-suprême qui lui permettra de briser comme un fétu de paille quiconque lui fait de l'ombre.
- Je vous remercie pour ce bon conseil qui en appelle à ma prudence. Toutefois, s'il fait effectivement partie de la coupole, pourquoi n'en porte-t-il pas une sur sa tête plutôt que ce ridicule couvre-chef ?
- Je vais vous expliquer. C'est une histoire très simple, alors je peux la résumer en quelques lignes : Un beau jour, son épouse qui en avait assez de toujours voir ses cheveux gras [authentique] a décidé d'envoyer son mari chez un chapelier en se disant que la méthode du shampoing n'était que temporaire, voire même aléatoire lorsque ce dernier oubliait de bien frictionner le cuir chevelu, ce qui malheureusement arrivait un peu trop fréquemment ces derniers temps. Au moment de se résoudre à une telle solution expéditive l'épouse prévoyante s'était dit : "Mes amies pourront toujours jaser sur mon mari, mais au moins elles ne pourront pas dire que je ne suis pas une femme énergique qui sait prendre des mesures radicales le moment venu." Et c'est ainsi que notre personnage se retrouva chez le chapelier sans l'avoir vraiment décidé par lui-même.
- Et c'est tout ?
- Non, ce n'est pas fini. Attendez la suite. Une fois entré dans le magasin voila qu'il se met à avoir un peu honte de devoir expliquer qu'il lui faut un chapeau suffisamment large qui couvre bien ses cheveux gras, et surtout de devoir avouer que c'est sa femme qui l'a envoyé et qui décide ainsi de ses allées et venues alors qu'en principe en bon catholique traditionnel ayant été éduqué avec rigueur c'est lui qui porte la culotte dans le ménage. Ainsi, pris d'hésitation soudaine, alors que le vendeur l'interroge du regard et va même jusqu'à lui demander ce qu'il désire, notre pauvre client se trouble et pour faire diversion il déclare qu'il est venu acheter des entonnoirs. Certes la manoeuvre était rusée (faire croire qu'il s'était trompé de magasin), mais elle comportait le grave défaut de le voir rentrer bredouille chez lui sans avoir ramené l'objet pour lequel il avait été expressément envoyé par son épouse vigilante.
- Ouïe, voila qui est téméraire, sachant comment sont les femmes lorsque l'on tente de les abuser, je pense qu'il a pris un sérieux risque en recourant à une telle manoeuvre. Votre histoire commence à me faire un petit peu peur. Qu'est-il donc advenu à "Billy the Kitsch" ce jour-là ?
- Rassurez-vous, heureusement tout s'est très bien terminé. On peut même parler de Happy-end. Le vendeur qui était super sympa a tout de suite compris de quoi il s'agissait (et à qui il avait affaire), et c'est ainsi qu'il a fait en sorte que son client ressorte du magasin avec un superbe chapeau... pour le prix de deux entonnoirs.
***

Le jour où portes et frontières furent ouvertes à Slavoj Žižek
- Au fait que devient le roi Žižek, est-il retourné dans son pays ?
- Ben vous voyez bien, liberté de circulation dans tous les sens.
- Ah le polisson, toujours pas décidé à refaire son sarcophage ! C'est tout de même un monde, il se rend dans la salle de gymnastique une fois de plus ; il n'hésite pas à demander aux monitrices de le laisser dormir sur place parce qu'il se dit trop fatigué par les exercices imposés et comme justement ce jour-là il n'y a plus d'autre usager après lui, elles ont assez de sollicitude que pour le laisser roupiller un sommeil de roi d'Egypte tel un gros bébé en son sarcophage.... et lui, le matin, tout ce qu'il trouve à faire pour dire merci c'est de laisser un pareil fouillis !
- Et oui, c'est à avoir peur qu'il se réveille... Elles sauront pour la prochaine fois.